lampPAROLES ET ENSEIGNEMENTS DE CHEIKH IBRAHIMA FALL

Tous ceux qui l’ont connu sont unanimes à lui reconnaître une sobriété en parole. C’est ainsi que chaque fois qu’il s’adressait à une assistance ou à des individualités, c’est pour donner des leçons imbues de sagesses.

Des propos succincts mais dont la valeur pédagogique est unanimement reconnue.


Ainsi, après la disparition du Maître, Cheikh Ibra Fall a expliqué aux membres de la communauté que personne ne pouvait corrompre la pureté du legs de Serigne Touba. Il a plutôt mis en garde les talibés contre les dérives qui risqueraient plutôt de les exclure de fait de ce cercle béni. Pour se faire comprendre, il utilisait une image qu’on peut ainsi ramasser :

"Le temps viendra où les gens évolueront de façon totalement marginale par rapport à la doctrine de Cheikh Ahmadou Bamba en se prévalant cependant de l’aval et de la force de sa communauté. Mais qu’ils prennent garde car, telle une poule, le mouridisme s’ébrouera souvent. Alors il en tombera lamentablement tous les corps qui lui sont étrangers. Et malheur à ceux-là."

Des directives de Serigne Touba, disait-il, il n’en restait que deux, incompressibles et sacrées, de sorte que le mouride doit tout sacrifier pour s’y conformer. Il s’agit du Grand Magal et de la Grande Mosquée.

" S’agissant de ces deux sortes de ndigël mobilisez-vous sans réserve. Faites ce que vous pouvez et tentez l’impossible ! "

Mais, à propos de toute autre chose, il invitait les membres de la communauté à une analyse logique des choses pour discerner ce qu’on doit en accomplir sans trahir sa foi.

 

Entièrement pris par le service de Serigne Touba et accaparé par le démentiel rythme de travail qu’il s’était imposé, Cheikh Ibra Fall en arriva bientôt à donner à son entourage l’impression qu’il n’avait plus de temps à consacrer à rien d’autres. Evidemment, pour expliquer un tel comportement, certains commentaires ne tardèrent pas à mettre en doute la maîtrise des sciences religieuses et la connaissance du Coran dont on le créditait. La cinglante réponse qu’il apporta à la superbe de ces " savants " qui dénigraient ses pratiques, fut la composition de Jazbul Mouride, un riche traité de Taçawwûf ou d’élévation spirituelle et morale. Que pouvons nous retenir, par exemple de cet ouvrage ?

Extrait de Jazbul Mouride ou l’attirance des mourides vers le service des guides spirituels

Extrait 1 - Celui qui parmi vous a une bonne intention n’a qu’à agir, sinon son intention serait comparable à un nuage sans pluie, car si vous n’avez pas la chance de voir la Kâba la mosquée devrait vous suffire. Il y’a des gens qui se sont détournés des Saints, donc des avantages de DIEU dont ceux ci sont dépositaires et se sont consacrés à l’acquisition des biens que sont les champs et les animaux par amour des plaisirs d’ici bas. Ceux là se sont détournés de la vérité, de la balance des faits du jour dernier et sont occupés à satisfaire les besoins de leur ventre, ce qui ne représente aucune utilité ni au moment où l’Ange extrait l’âme, ni au moment de l’enterrement, ni le jour de la résurrection au sujet duquel DIEU nous prévient dans ce verset :" Le jour où la richesse et la progéniture ne serviront en rien, où seul sera sauvé celui qui viendra avec un coeur pur."

Extrait 2 - Préparez vous à effectuer le voyage à la recherche d’un CHEIKH afin de vous accrocher à la corde qui mène au droit chemin, car si vous ne voulez pas vous absenter de vos maisons, soyez sûrs qu’un jour vous en sortirez pour rejoindre vos tombes. Souvenez vous toujours de ce verset du Coran qui dit : "Ont trouvé le chemin du Salut ceux qui craignent DIEU, qui croient au mystère divin, qui s’acquittent de leur prière et qui dépensent dans la voie de DIEU des dons qu’ils détiennent de lui."

Extrait 3 - Ô musulmans ne soyez pas comme les chefs temporels, les bédouins incrédules ou ceux qui ne s’occupent que de commerce et méditez les paroles divines suivantes : "Un musulman peut il être comme un pervers  ? Non ils ne sont pas pareils" "
Le meilleur d’entre vous, pour DIEU est celui qui le craint le plus " Seriez-vous comme les associateurs qui courent derrière l’argent toute leur vie, depuis leur naissance jusqu’à leur mort et qui marient filles après filles ? Ils n’auront que regret si une calamité ou un animal féroce les leur arrache ... "

Extrait 4 - Le salut du mouride réside dans les six actions suivantes :

- la foi,
- l’optimisme,
- le dynamisme dans le dévouement,
- la dépense (sacrifice),
- l’humilité,
- le respect des recommandations du CHEIKH.

Si tu respectes ces conseils tu attireras les coeurs vers toi. Ajoute à cela ces conseils supplémentaires  :

- Ne te plains jamais de ton infortune et respecte scrupuleusement ce que ton CHEIKH t’a choisi qu’il s’agisse de ce qui est manifeste ou de ce qui est caché.
- En d’autres termes il faut consacrer trois choses dans l’action de DIEU  : ta force, ta richesse et ton intelligence, cela t’assurera l’ascension vers DIEU comme le mentionne ce verset " Je n’ai crée les Djinns et les hommes que pour qu’ils m’adorent"
- Toi le musulmans qui sème (qui investit) dans la voie de DIEU, ne confonds pas la terre ardue et la plaine, la mer et l’abreuvoir, et ne confonds pas les sources d’eau et les puits ; celui qui échangera la vie éternelle contre la vie d’ici bas n’aura que regret, car DIEU rappelle dans ce verset " Que l’au-delà est meilleur et plus durable ".

 

Extrait 5 - Il est recommandé à tout musulman  :

- de veiller aux liens de parenté, car comme mentionné dans un hadith cela procure la santé et ôte du corps certains maux
- de ne pas médire ses parents ; et de les aider aussi bien dans leurs affaires qui touchent à la vie qu’à celle qui touchent l’adoration de DIEU, car comme l’enseigne ce verset " Les musulmans sont des frères, installez la paix entre vous et craignez DIEU, peut être bénéficierez-vous de sa grâce ".

Le musulman doit aussi respecter ses voisins, faire du bien à leur égard, éviter de les injurier ou de faire des actions blâmables à leur endroit ; il doit éviter de les médire, de les calomnier, de les déranger ou d’être jaloux des dons que DIEU leur à accorder. Il doit aussi les aider s’ils sont dans le besoin qu’il s’agisse d’aumône ou d’aide dans la réparation de leur maison ; il doit leur ouvrir sa porte chaque fois qu’ils en expriment le désir et bien les accueillir s’ils viennent causer  ; il doit les conseiller et par delà eux conseiller tous les autres croyants, car le conseil vaut pour les gens pieux plus que la guerre sainte (jihad).

Le musulman est tenu d’être généreux envers les pauvres et les orphelins (...) ; il doit avoir de la compassion pour les esclaves de la même façon qu’il éprouve ce sentiment pour ses femmes et enfants ; Il s’occupera d’eux et les protégera en se référant aux paroles suivantes du Prophète : "Vous tous vous êtes des bergers et chaque berger devra répondre de son troupeau".

 
 Retour en Haut