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Cheikh Ibrahima MBACKE

Sur sa naissance, à Porokhane, les auteurs s’accordent pour la situer au jeudi 15 du mois lunaire de " Rabbi al awwal " de l’an " charfadji " c’est à dire 1283 de l’Hégire, 1863 du calendrier grégorien.

On raconte que cela coïncida avec la Bataille de Pathé Badiane ou Paoss Koto qui mit aux prises les forces de Maba Diakhou BA aux troupes de l’autorité coloniale.

Cheikh Ibrahim Mbacké est fils de Mouhamed (dit Serigne Mor Anta Sally), fils de Habib Allah, fils de Mame Maram fils de Mouhamed Al Khairy. Mame Thierno Birahim et Serigne Touba ont le même père, à savoir Serigne Mbacké Mor Anta Sally. Jurisconsulte et grand érudit, Serigne Mor Anta Sally a une descendance connue et respectée à travers le Sénégal de par leur piété et leur rôle dans l’Islam. Mame Mor Diarra Mbacké, Cheikh Anta Mbacké, Serigne Massamba Mbacké, Serigne Affé Mbacké sont les plus connus. La mère de Mame Thierno Birahim s’appelle Sokhna Faty Issa Diop, fille de Serigne Coki Ndiaga Issa, fils de Mokhtar Ndoumbé. Serigne Touba le prénommait vivificateur de l’Islam, celui qui aura fait embrasser l’Islam à des milliers de gens dans le Cayor et Le Waalo. Serigne Coki est aussi le grand père de Serigne Bassirou Mbacké et de Serigne Modou Moustapha Mbacké fils aîné de Serigne Touba. Sokhna Fati Issa était la cousine de Sokhna Diariatoulah et partageait avec elle les valeurs des femmes pieuses comme Maryam, Kadija ou Aicha, ces femmes, mères ou filles de Prophètes.

Son rôle déterminant dans l’implantation et développement du Mouridisme

Comme à l’image du prophète Mohamad (PSL) qui avait ses fidèles compagnons de premières heures lesquels ont sacrifié leur vie ou leur patrimoine, Allah a gratifié Serigne Touba d’hommes de valeurs et de vertus au service de la foi et du Mouridisme.

Dès sa naissance le destin les avait déjà lié par l’alliance que leur illustre père avait scellée en disant à Serigne Touba : « La bonne nouvelle que tu attendais est venue, Sokhna Faty a donné naissance à un enfant qui sera celui sur lequel tu pourras t’appuyer, pour réaliser ta noble mission ». On raconte que le cadeau que Serigne Touba a offert ce jour est sous forme de mille et une prières, faisant les cent pas autour de la concession de Sokhna Faty où était le nouveau-né, qui s’appellera Mame Thierno Birahim Mbacké.

A la disparition de leur père Mame Mor Anta Sally, Mame Thierno Birahim était encore un enfant. Lors de l’héritage Serigne Touba a tenu à accomplir les dernier vœux de Mame Mor Anta Saly en disant de l’héritage de ce dernier : « je ne souhaite garder que le livre saint du Coran et mon jeune frère Mame Thierno Birahim ». Ce que Serigne Moussa Kâ raconte en ses termes : « Kéro Mirasma Bamba Na Tierno Moy Sama Wal Bou amé Mou Doy ma ».

Toute la formation, l’éducation et l’instruction de Mame Thierno a été assurée par Serigne Touba. Plus tard, il ira compléter sa formation auprès d’autres érudits comme Serigne Barama et Kali Madiakaté. C’est qui fera dire à Serigne

Moussa Ka : “Amoufa At Bamba Dal Koy Wolou Né daako Don Agnal Né Mom La Woolou” Il n’aura pas passé un an que Bamba le rappelle auprès de lui en disant : « je le préparais mais c’est en lui que j’ai toute ma confiance ».

Comme le destin des hommes de Dieu qui connaissent souvent la torture et l’exil, Khadimou Rassoul avait signé ce pacte à Darou khoudoss, choisissant de s’éloigner, de s’exiler et de résister par la patience et les wirds, jusqu’à la Sommité de la Sainteté. Peut-on réussir une telle mission sans réussir l’éducation de ses héritiers, peut-on prétendre être le Maître sans avoir réussi à inculquer les valeurs à ses futurs Cheikh ? Certainement pas, Serigne TOUBA l’avait demandé à Allah (SWT) et il avait la certitude et la conviction que Mame Thierno Birahim pouvait assurer la continuité de la fondation. C’est ce que nous raconte Serigne Bassirou Mbacké fils de Serigne Touba en ses termes : « Lorsque le décret divin est suivi du décret humain contenu dans le procès verbal du 28 septembre 1895, Serigne Touba avait déjà fait ses adieux et ses prières a ses fils aînés, et les a confiés à Mame Thierno Birahim ». Mame Thierno a su s’organiser avec la participation des Cheikh Mourides dans l’enseignement et dans les travaux champêtres, pour qu’ils puissent rester dans l’esprit de Serigne Touba.

Une Référence et un Exemple pour les Cheikhs Mourides

Cheikh Issa Cheikh Issa Diène avait beaucoup de considération et de respect pour Mame Thierno et lui rendait régulièrement visite à Darou Mouhty. Pour avoir vu en vision la disparition de Borom Darou, il fut l’un des premiers à assister aux cérémonies funéraires de ce dernier.

Serigne Massamba Mbacké Petit frère de Borom Darou, il était très proche de lui et a bénéficié de ses enseignements. Par respect à Mame Thierno il envoyait ses talibés, qui nettoyaient toute la ville de Darou, quand il devait lui rendre visite. En plus de ces Cheikhs d’autres ont vécus auprès de lui ou ont reçus son enseignement. Parmi eux on peut citer : Serigne Massamba Diop Sam, Serigne Afé Bousso, Serigne Moktar Binta Lo, Serigne Mandoumbé et tant d’autres.

L’œuvre du pionnier : fondation de villages et de daaras

Un jour un homme avait demandé à Mame Thierno que choisirez-vous entre la dignité et la foi et Mame Thierno lui répond que je préfère garder ma dignité car sans la dignité on ne peut pas avoir la foi. Pour garder cette dignité Mame Thierno avait fait du travail son credo, de la foi sa protection, de la fidélité son viatique. Pendant l’exil de Serigne Toua les gens fuyaient Mame Thierno comme la peste.

De « Baïdé » à Daroul Mouhty « Baïdé » (cultiver et mourir) est tout un symbole de la détermination, nous sommes au début de l’exil du Gabon, les colons avaient non seulement pris la décision d’éloigner Serigne Touba dans les îles de Mayombé mais menaçaient quiconque de continuer de mener des activités, en faveur de l’expansion du Mouridisme, de connaître des réprimandes. Il ne restait à Mame Thierno que les pauvres terres appelées « Baïdé », pour s’adonner à l’agriculture et nourrir la famille du Cheikh. Ceux qui voulaient le décourager n’y seront pas arrivés

 

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